Avec un taux de chômage qui a atteint 8,3 % au deuxième trimestre 2026, selon l’Insee, trouver un emploi est de plus en plus compliqué. D’autant que certains candidats concentrent leurs recherches sur les entreprises les plus connues. Pourtant, sur les 2,3 millions de recrutements prévus cette année, deux sur trois concernent des TPE-PME, d’après France Travail.
Ces entreprises restent pourtant largement moins visibles auprès des candidats. Selon Vanessa Reculard, consultante spécialiste des TPE/PME à l’Apec, les personnes en recherche d’emploi ont pourtant tout intérêt à regarder du côté de ces petites et moyennes structures.
Des opportunités en TPE/PME peu visibles
Les candidats ont généralement tendance à se tourner vers des entreprises qu’ils connaissent au moins de nom. Les grands groupes, dont les offres sont largement diffusées, viennent donc plus facilement à l’esprit. « Il y a beaucoup de recrutements dans les TPE-PME, mais qu’on ne voit pas parce qu’elles ont des méthodes de recrutement qui sont complètement différentes des gros groupes. C’est ce qu’on appelle un peu le marché caché », explique Vanessa Reculard.
Un grand groupe dispose généralement d’une équipe dédiée au recrutement, de moyens pour diffuser ses offres. Ce n’est pas toujours le cas dans une petite structure. « Elles ont une autre logique. Au moment où elles ont besoin de recruter, elles vont d’abord solliciter leur réseau avant même de penser à diffuser une annonce. Le réseau va vraiment beaucoup plus fonctionner », poursuit Vanessa Reculard.
Une partie de leurs recrutements peut ainsi passer sous le radar des candidats qui concentrent leurs recherches sur les offres publiées, alors même que certaines entreprises plus petites « se développent et recrutent, mais ne parlent pas au grand public », souligne la consultante.
D’un côté, des entreprises qui cherchent à recruter. De l’autre, des candidats qui ne pensent pas forcément à elles. « On a le cœur du réacteur de l’emploi qui est là, mais il reste en grande partie invisible pour les professionnels qui recherchent des opportunités », résume Vanessa Reculard.
Des responsabilités qui peuvent arriver plus vite
Dans certaines de ces entreprises, les salariés travaillent directement avec le dirigeant ou les membres de la direction. Les fonctions sont par ailleurs moins cloisonnées. « Une personne recrutée pour une expertise précise peut intervenir sur des sujets plus larges, proposer des solutions ou participer à de nouveaux projets », explique la consultante.
Le poste peut aussi évoluer au rythme de la structure : « Cela permet aussi de prendre des responsabilités plus rapidement, notamment si l’entreprise s’agrandit ou si une nouvelle équipe est créée.» Certaines personnes peuvent davantage se retrouver dans ce type d’entreprise. « Je pense notamment aux personnes qui aiment prendre des initiatives, être vraiment proches de l’activité, avoir une fibre un peu d’intrapreneur, évoluer dans un environnement où tout n’est pas encore écrit », décrit Vanessa Reculard.
La consultante cite aussi les profils expérimentés, qui peuvent apporter leurs méthodes et leur expertise, mais aussi les jeunes diplômés. « Une petite ou moyenne entreprise peut leur permettre d’être rapidement exposés à plein de dimensions d’un métier et de comprendre le fonctionnement général d’une entreprise », détaille-t-elle.
Intégrer une TPE-PME n’a toutefois pas que des avantages. Les grands groupes « disposent souvent de grilles salariales, d’avantages collectifs ou de parcours de carrière plus structurés », reconnaît-elle. Pour comparer deux propositions, la consultante conseille donc de regarder le « package global, avec le salaire, les avantages, mais aussi le contenu du poste, le niveau de responsabilité, l’autonomie, les conditions de travail et les perspectives ».
Les candidatures spontanées sont généralement traitées
Les candidatures spontanées ont aussi plus de chances d’être regardées dans des petites et moyennes entreprises. « Les candidats se plaignent énormément de ne pas avoir de retour lorsqu’ils contactent de grands groupes. Dans une TPE-PME, le CV arrive directement dans la boîte et il est lu », assure Vanessa Reculard.
La spécialiste raconte avoir accompagné plusieurs TPE qui avaient reçu une candidature spontanée alors qu’elles n’avaient aucun recrutement prévu à ce moment-là. Le profil a finalement fait écho à un projet que l’entreprise souhaitait développer ou à des compétences dont elle ne disposait pas en interne : « Ça déclenche un rendez-vous et parfois il y a une ouverture de poste qui se fait.»
La réponse n’arrivera pas forcément dans la foulée pour autant. Dans une petite entreprise, la personne qui recrute a souvent d’autres fonctions en parallèle. « Ces sociétés ne passent pas des heures sur les recrutements. Mais ces candidatures sont plus précieuses pour elles que dans d’autres structures », ajoute-t-elle.
Dans ces structures, la motivation et les soft skills peuvent aussi prendre davantage de place. « Ils ont plus envie de donner leur chance à quelqu’un et de dire : “Je sens qu’il est motivé, on va tout faire pour que ça marche” », indique la consultante. À l’inverse, les processus sont souvent plus cadrés dans les grandes entreprises dans lesquelles on recherche un profil pour un poste aux contours très précis.
Comment trouver les opportunités proposées par les TPE-PME ?
Pour trouver ces entreprises, Vanessa Reculard conseille de commencer par regarder autour de chez soi : « Les candidats ont très envie de travailler à proximité de leur domicile pour améliorer leur équilibre vie pro-vie perso, mais ils ne connaissent pas les entreprises qui sont autour d’eux. »
Salons, rencontres professionnelles, événements locaux ou réseaux d’entreprises sont généralement les bons endroits pour les rencontrer. « Le réseau, c’est vraiment s’adresser à tout le monde, échanger avec plein de gens, ses amis, sa famille, d’anciens collègues, des fournisseurs, des personnes de son secteur », insiste-t-elle.
La recherche passe aussi par l’entourage, auquel il faut préciser la nature du poste que l’on vise. « Les personnes ont assez facilement le réflexe de mettre en relation quand il y a un besoin dans leur entreprise ou dans une entreprise qu’elles connaissent », rappelle Vanessa Reculard, avant d’ajouter : « Globalement, il faut diversifier ses sources et ne pas attendre que l’opportunité vienne à soi. »