Reconversion

Reconversion: comment cette ex-juriste est passée de l’humanitaire à la cybersécurité

En matière de reconversion, tout est possible. Et certaines transitions professionnelles démontrent que des compétences transversales parfois insoupçonnées peuvent être utiles pour rebondir dans un secteur pourtant très éloigné de son cursus d’origine. Ce fut le cas pour Eva Nassery, 34 ans, aujourd’hui experte en cybersécurité après une formation juridique et un début de carrière dans l’humanitaire.

Le début de parcours d’Eva Nassery est d’emblée marqué par une mobilité hors du commun. Après le stage de fin d’études de son master en droit international humanitaire, la jeune juriste est partie en Afghanistan au sein de La Chaîne de l’espoir, une organisation non gouvernementale (ONG) française qui œuvre pour l’accès aux soins et aux équipements de santé. « J’ai découvert l’Afghanistan et le travail humanitaire en 2015 dans le cadre de mon premier contrat comme chargée de recherche de financements & communication, puis on m’a proposé un autre poste sur place, témoigne Eva Nassery. Je suis donc restée là-bas pendant un peu plus de 5 ans. D’abord en travaillant dans l’hôpital pédiatrique de l’ONG, et jusqu’à devenir cheffe de mission sur mon dernier poste. » C’est en 2021, en raison du contexte politique et diplomatique très tendu dans le pays que la trentenaire décide de rentrer en France. « C’est là que je me suis penchée sur la question de mon avenir professionnel. Je n’avais pas spécialement envie de retourner dans un autre pays pour continuer dans le secteur de l’humanitaire, ni de travailler dans un siège d’ONG à Paris. Mon expérience en Afghanistan a été riche, mais le retour a été brutal. Je ne voulais pas replonger dans ce milieu, ni continuer dans le secteur juridique. J’avais aussi connu le travail en cabinet d’avocats, et je savais ce que je ne voulais pas faire, mais pas vraiment ce que je voulais faire ! », explique Eva Nassery.

Le choix de la reconversion

C’est dans ce moment de réflexion sur la suite de sa carrière que la jeune femme décide finalement de bifurquer et de se lancer dans une reconversion : « Je suis tombée sur une offre de formation de Simplon, au sein de l’École Cyber Microsoft, et j’ai choisi de prendre cette voie. La cybersécurité, c’est une discipline qui m’avait toujours fascinée à titre personnel. Je ne pensais pas du tout pouvoir un jour m’y orienter, mais en recevant des informations et des offres de formation via France Travail, j’ai vu qu’il n’y avait pas de prérequis de diplôme et je me suis donc dit pourquoi pas ! J’ai eu une hésitation, parce que cela voulait dire quasiment repartir de zéro après mes longues études dans le droit. Mais je me suis aussi rendue compte que j’avais des expériences et des compétences valorisables pour cette reconversion, et que je pouvais transférer d’un secteur à l’autre. Dans la cybersécurité, il y a une dimension juridique, et j’avais fait de la sécurité physique et informatique lors de mon passage en Afghanistan. »

En 2022, l’ancienne juriste intègre donc l’organisme Simplon, au sein d’une formation au titre professionnel (TP) d’administratrice d’infrastructures sécurisées. « J’ai commencé par une sorte de stage intensif de trois mois qui m’a permis de confirmer mon appétence pour la discipline. Et en 2023, j’ai démarré mon parcours d’alternance, jusqu’à finir la formation en mars 2024. Avant cette formation, je me servais de mon ordinateur pour écrire des mails et faire des tableaux Excel. J’ai appris à rentrer dedans, à savoir comment cela fonctionne pour pouvoir le sécuriser », complète-t-elle.

Le travail dans la cybersécurité

Son alternance, Eva Nassery l’effectue dans l’entreprise de cybersécurité Advens, qui sécurise des organisations publiques et privées. Après une expérience positive, elle devient intégratrice de solutions de cybersécurité en CDI en juin 2024. « J’ai atterri dans une équipe qui n’avait rien à voir avec ce que je connaissais auparavant, puisque c’était une équipe technique. Aujourd’hui, mon travail est d’intégrer des solutions de cybersécurité dans les systèmes informatiques des clients. C’est un métier purement technique, je suis donc loin du côté juridique et conformité, qui existe aussi dans la cybersécurité. Comme je partais de zéro, l’accueil et le soutien dont j’ai bénéficié ont été déterminants. J’aurais sans doute été opérationnelle plus rapidement dans une équipe de consultants ou dans une équipe de conformité, mais l’entreprise a fait le choix de me positionner sur de la technique pour me faire monter rapidement en compétences. Et ma formation chez Simplon était aussi plus orientée sur le côté technique », précise l’intéressée.

Après un peu plus de deux ans d’expérience dans son nouveau secteur, Eva Nassery se projette déjà : « J’ai encore beaucoup de choses à apprendre et je continue à évoluer en même temps que les technologies. On ne s’ennuie pas. Le fait que mon entreprise soit présente dans plusieurs villes en France mais aussi en Espagne, en Italie, en Allemagne, au Canada et même à Tahiti, ouvre aussi des perspectives de mobilité et d’évolution. »

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