1) Se précipiter sans définir ses motivations
En premier lieu, pour tout projet de reconversion, il convient de s’imposer une période d’introspection et d’interrogation qui vise à établir les motivations, les étapes clés et les objectifs de la démarche. Autrement dit : posez-vous les bonnes questions et prenez le temps qu’il faut ! Se reconvertir pour de mauvaises raisons est une très mauvaise idée. « Une reconversion demande beaucoup d’énergie, affirme Laurence Bourgeois, coach et conférencière, auteure de Se reconvertir, Trouver sa voie professionnelle pour les nuls (2021). Cela implique de ne pas occulter la phase essentielle du questionnement : De quoi ai-je vraiment envie ? Pourquoi ? etc. Les personnes que je vois échouer omettent souvent de se questionner sur le pourquoi avant d’envisager le quand et le comment. »
Pour construire et accompagner votre introspection, n’hésitez pas à vous emparer d’outils consacrés et gratuits ou accessibles via le CPF, comme le Conseil en évolution professionnelle (CEP) ou le bilan de compétences.
2) Ne pas anticiper le coût d’une reconversion et les besoins de formation
Si reconversion rime avec formation, ce n’est peut-être pas un hasard. Dans de nombreux cas, enrichir son profil d’un bloc de compétences, d’un diplôme ou d’une ligne supplémentaire peut faire toute la différence et permettre d’accomplir sa transition de carrière. Vous ne pouvez ainsi pas faire abstraction des coûts potentiels, entre la formation elle-même, les frais de déplacement ou encore les solutions de garde d’enfant ou les pertes de salaire selon les cas. Là encore, des dispositifs consacrés existent et sont à connaître.
À commencer par le projet de transition professionnelle (PTP), porté par le réseau des Transitions pro. « Si la demande est validée et financée, le salarié aura la garantie d’un maintien de sa rémunération pendant la durée de sa formation. Il peut également avoir une aide pour les frais de mobilité. C’est donc un dispositif qui sécurise la transition professionnelle des salariés », explique Pascal Peyré, responsable du pôle référence parcours formation de Transitions Pro Nouvelle-Aquitaine. Preuve de l’efficacité du PTP : selon l’Observatoire des transitions professionnelles, 92 % des bénéficiaires ont réalisé leur projet ou poursuivent leur parcours de reconversion 6 mois après la fin de leur formation.
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3) S’enfermer dans des croyances limitantes et se mettre des freins
À toutes les étapes d’une reconversion, ses propres doutes et peurs sont souvent le premier adversaire. Ces fameuses « croyances limitantes » sont autant d’obstacles à surmonter, de même que les pressions parfois négatives de son entourage. « Je pense qu’au début, le projet se mûrit seul autant que possible, pour s’éviter des freins au changement malvenus. Pour réussir il faut tester, il faut se lancer« , affirme Laurence Bourgeois. Parmi les manifestations de ces freins que l’on s’impose : cette fâcheuse tendance à vouloir attendre de correspondre parfaitement à une offre pour y candidater. Que nenni ! Attendre le match parfait revient à se fermer de trop nombreuses portes. « Il n’y a pas de poste parfait comme il n’y a pas de candidat parfait. Si l’entreprise et ses activités vous parlent, et que vos compétences correspondent à des besoins exprimés, il faut y aller, ne pas hésiter à postuler ! », conseille Pauline Lecygne, experte en recrutement et animatrice de « We are : Le Podcast ». Pour compléter et booster son profil, la Validation des acquis de l’expérience (VAE) est un autre dispositif très utile par ailleurs.
4) Ne pas s’organiser et ne pas se fixer d’objectifs
Dans le cadre d’une recherche d’emploi et de rebond, l’organisation reste l’un des maîtres-mots. Si vous êtes au chômage, se créer une routine active et ne pas se refermer sur soi doit être le premier réflexe. Et pour toutes les trajectoires de reconversion, établir des stratégies et un plan d’action est indispensable. « Je dis toujours qu’il y a trois catégories de stratégies principales dans une recherche d’emploi qu’il s’agit de cumuler, résume Chloé Ngassa, coach en recherche d’emploi et auteure de Je n’ai pas d’expérience… et alors ? (Vuibert). D’abord, il y a les stratégies réactives, où on postule et on réagit aux opportunités qui se présentent. Ensuite, il y a les stratégies où l’on fait preuve de proactivité pour se créer des opportunités, notamment via des candidatures spontanées. Et enfin, les stratégies relationnelles où l’on mise beaucoup sur le réseau et l’entourage professionnel.« $
5) Négliger la personnalisation de ses candidatures et la préparation
Quand vient l’étape concrète de la mise en œuvre de sa reconversion, la maîtrise des démarches de candidature est indispensable. En la matière, la rédaction du CV et des lettres de motivation et les prises de contact et/ou candidatures auprès des recruteurs doivent répondre aux mêmes exigences : personnalisation, valorisation de votre profil à l’aune des besoins exprimés et préparation. Et l’utilisation de l’intelligence artificielle générative peut notamment participer à cette étape cruciale. Votre CV et vos candidatures sont votre vitrine, comme l’exprime Sarah Haïlé-Fida, consultante et coach en développement de carrière : « Un CV, ce n’est pas un catalogue de votre vie professionnelle ou de tout ce que vous pouvez faire, c’est une offre de services. Avec votre CV, vous dites à l’entreprise : j’ai compris quel était votre problème, votre besoin de compétences, et voici les raisons pour lesquelles je suis la bonne personne pour ce poste. » La préparation aux entretiens et aux rencontres avec les recruteurs demande quant à elle de l’entraînement et de l’anticipation. Là encore, le passage par le CEP ou un bilan de compétences peut renforcer votre confiance et votre capacité à bien vous valoriser et motiver votre parcours de reconversion.