Emploi

Silver économie: faire le choix d’une carrière au service des seniors

Les métiers et les activités des services à la personne âgée, de la prestation à domicile jusqu’au soin en établissement spécialisé, sont en plein essor. Au gré du vieillissement de la population, le secteur s’affirme comme une voie de carrière d’avenir, mêlant sens au travail et perspectives d’emploi durable sur tout un panel de métiers.

En France, aujourd’hui, une personne sur cinq a plus de 60 ans. D’ici à 2030, cette part devrait atteindre 30 % de la population, soit près de 21 millions de personnes. Un vieillissement démographique qui se traduit par la hausse des besoins de prestations et de professionnels des services à la personne. Mais aussi par une tension sur les recrutements. En effet, si les métiers de la silver économie – qui réunit les activités liées à l’économie des seniors S et du grand âge – recrutent de plus en plus, ils font face à une certaine pénurie de candidats et de compétences. « Le secteur est en tension, tout particulièrement sur les métiers du soin, en Ehpad, en hôpital ou à domicile (aides-soignants, infirmiers), mais aussi sur ceux des services à domicile (aides et auxiliaires de vie…) », confirme Liliana Lareia Nabeis, directrice Île-de-France pour Appel Médical, filiale du groupe de recrutement Randstad.

L’actualité est également marquée par une réflexion de société autour de la fin de vie. « La période Covid a été un des déclencheurs de cette prise de conscience, de la nécessité de mieux prendre en charge et de mieux accompagner ce moment », estime Sarah Dumont, fondatrice d’Happy End, qui se spécialise dans l’information, la sensibilisation et la formation à l’accompagnement de la fin de vie. 

Un éventail de métiers et de services

Parmi les métiers qui recrutent, deux familles se distinguent. D’une part, les métiers du soin et du médical ou paramédical (médecin gériatre, aide-soignant, infirmier, ergothérapeute, psychomotricien, podo-orthésiste…). D’autre part, les métiers de l’accompagnement (auxiliaire de vie, aide à domicile, garde-malade, assistante sociale…). Autant de professions qui se déclinent au sein des établissements médico-sociaux et dans le cadre de prestations et services à domicile. « Il faut également évoquer les recrutements sur des métiers de l’animation et de l’hébergement-restauration, ainsi que sur des postes d’encadrement et de cadres de santé », complète Liliana Lareia Nabais.

Aussi, le secteur se montre également propice aux activités indépendantes et libérales, notamment pour les services à domicile. De quoi nourrir les perspectives de carrière. « Les professionnels du secteur évoluer au sein de leur établissement et envisager de monter en compétences pour connaître différents métiers, rapporte la représentante d’Appel Médical. J’ai vu plusieurs personnes débuter en tant qu’agents de services hospitaliers ou auxiliaires de vie, qui ont ensuite obtenu un diplôme d’aide-soignant par de la formation continue ou de la validation des acquis de l’expérience (VAE). Et d’autres qui progressent jusqu’à devenir directeur ou directrice d’établissement. »

Des métiers de sens et d’engagement

La notion de sens et de lien humain est au cœur des activités du secteur. « Les travailleurs sont directement confrontés à des problématiques de vie, des enjeux de santé et d’autonomie, que l’on soit infirmier, auxiliaire de vie ou la personne qui livre les repas ou fait le ménage », affirme Sarah Dumont. De fait, les métiers de la silver économie réclament, de manière générale, des compétences clés comme l’empathie et le relationnel, l’adaptabilité et la patience, la rigueur et l’organisation. Ou encore la maîtrise des outils technologiques et numériques, avec le développement de nouvelles solutions domotiques et d’objets connectés pour soutenir l’autonomie des seniors à domicile. « Les professionnels sont amenés à travailler au sein de lieux de vie, que ce soit à domicile ou en Ehpad. Et la plupart des candidats se montrent intéressés par cet aspect relationnel, ce rôle que l’on peut jouer dans la vie des gens », témoigne Liliana Lareia Nabais.

En parallèle, des formations se développent pour préparer au mieux aux potentiels moments difficiles d’une carrière dans la silver économie. Pour participer à cet élan, Happy End est devenu, il y a deux ans, un organisme de formation certifié Qualiopi, spécialisé sur les sujets de l’accompagnement de la fin de vie et du deuil, qui dispense des formations en Ehpad et en structures spécialisées, mais aussi aux prestataires à domicile et aux indépendants. « Pour limiter l’épuisement psychologique des soignants et des professionnels des services, il est important d’accompagner et de former en cours de carrière, affirme Sarah Dumont. Je pense qu’on ne peut pas durer dans ces métiers sans s’outiller, ce n’est pas rien que de voir la mort. »

De la même façon, les employeurs et recruteurs du secteur alimentent les formations en cours de carrière, comme l’explique Liliana Lareia Nabais : « Nous proposons une vingtaine de formations avec des organismes affiliés, notamment sur la prise en charge d’une personne atteinte d’Alzheimer ou présentant des troubles psychiatriques. » Selon Sarah Dumont, pas de doute : « Avec plus de formation et plus de sens, il y aura moins de turnover. Et, mécaniquement, plus de rétention et d’attractivité sur ces métiers. »

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