Vous venez de sortir avec Rebondir un ebook sur les dix étapes pour décrocher votre prochain emploi. Qu’est-ce qu’on y retrouve concrètement ?
Ce e-book recense tout le protocole d’accompagnement de la réflexion d’un projet, qui doit toujours être en lien avec la réalité du marché, jusqu’à la réussite de la période d’essai. Il aborde toutes les étapes de la fiabilisation du projet, son réalisme, en passant par sa traduction dans un CV et dans une lettre de motivation, même si elle est peu lue aujourd’hui. On évoque aussi l’optimisation du profil LinkedIn qui permet d’être vu sans envoyer son CV et qui permet au recruteur de consulter le profil d’un candidat, ce qui peut lui donner envie de le rappeler.
Le ebook traite également de la réussite de l’entretien, sachant qu’aujourd’hui, les candidats passent deux ou trois entretiens avant d’obtenir une réponse définitive. Il faut garder la confiance, le rythme et la ténacité. Il est aussi essentiel d’adapter son discours en fonction des personnes que l’on rencontre en entretien. Selon les cas, le candidat va rencontrer une personne des RH, un opérationnel et peut-être une N+2. Enfin, si la personne est embauchée, on l’accompagne dans sa décision d’accepter ou non le poste et sur la réussite de la période d’essai. Comment vérifier qu’il n’y a pas eu une erreur de casting de ma part, comme de celle du recruteur ? Ce guide donne les clés pour réussir cette phase d’intégration de la culture de l’entreprise à la capacité d’introspection pour fiabiliser son poste.
Dans cet ebook, il y a une grande partie qui concerne le CV. Aujourd’hui, on est où ? C’est quoi finalement un bon CV ?
Aujourd’hui, le CV classique fonctionne toujours très bien. Le CV « Canva », qui est plus joli, avec ses couleurs et ses emojis, peut fonctionner dans certaines situations ou pour certains postes, mais il ne fonctionne pas souvent quand il s’agit de postuler. Ce type de CV n’est pas filtré par des robots, qu’on appelle des ATS, qui ont du mal à lire les images. Donc, mon conseil c’est de rester sur une forme classique.
Sur le fond, il faut encore être axé sur le résultat. Concrètement, si je suis recruteur, il me faut moins de dix secondes pour savoir ce que vous allez m’apporter lundi prochain si je vous prends en poste sans vous former. Aujourd’hui, une entreprise va regarder le retour sur investissement. Elle va regarder ce que vous coûtez, en temps de formation, de présentation, en salaire et avantages.
Vous le dites souvent, ce qui est compliqué, c’est de décrocher un entretien...
Tout à fait. Il est très facile d’appuyer sur le bouton postuler, d’envoyer un CV bien fait ou à améliorer et se dire maintenant j’attends. Il est aussi facile de passer un premier entretien et d’attendre passivement la suite, sans rien faire pendant ce temps-là. Si ce premier entretien ne débouche pas, on est déçu et il est difficile de redémarrer, de repartir en recherche. Il est important de continuer de chercher tant qu’on n’a pas signé. Et plus on va passer des entretiens, plus on va gagner confiance, plus on va être à l’aise et sûr de son projet et plus on va convaincre.
Justement, comment garder confiance en soi, surtout lorsqu’on a essuyé plusieurs refus ?
La confiance en soi peut se perdre après des semaines ou des mois de recherche, mais aussi quand on a passé avec succès trois entretiens et que le recruteur dit non au quatrième. Dans ce cas, il faut se rappeler ses succès personnels ou professionnels. En tant que coach, quand je travaille sur la confiance, je fais rappeler les défis qui ont été relevés, on les identifie parfois ensemble, puis je vais les ancrer.
Pour garder la motivation, je dis à mes coachés de voir les entretiens comme des poupées russes. D’un premier entretien, tirez ce que vous avez bien fait et répétez-le. Identifiez ce que vous auriez pu mieux faire, les choses qui se sont mal passées et retravaillez ces points pour préparer le deuxième entretien. Et étape par étape, de poupée russe en poupée russe qu’on assemble, on s’améliore.
C’est aussi l’intérêt de s’entraîner avec une personne extérieure, comme un coach, qui ne vous connaît pas et va vous confronter à la réalité sur votre manière d’être, en entretien, la manière de bouger les mains, de regarder les recruteurs. Tous ces éléments sont des points d’ancrage dans un entretien qui fait gagner en assurance.
Vous abordez enfin le point crucial du salaire. Comment le négocier et surtout à quel moment l’évoquer avec son futur employeur ?
Certaines offres d’emploi donnent une fourchette de salaire directement sur l’annonce, mais ce n’est pas une règle, souvent cette information va être donnée pendant l’entretien. Pour les candidats, il faut avoir conscience de sa valeur sur le marché. Attention, il ne s’agit pas de la valeur intuitive et personnelle qu’on pense valoir. Il faut regarder les grilles de salaires via des sources étatiques, on peut se comparer aux alumni de son établissement pour connaître leur rémunération à parcours égal.
Ensuite, lors de l’entretien, mon meilleur conseil, c’est de donner une fourchette et de spécifier le montant en dessous duquel vous ne descendrez pas. Par exemple, un candidat a une fourchette entre 35 et 40 000 euros par an et décide de ne pas descendre sous les 33 000 euros. Cette posture ouvre la négociation tout en étant claire sur les limites. Mais attention, si on ne peut pas justifier sa demande via une grille légale, il est essentiel d’évoquer ses résultats sur son dernier poste pour montrer sa capacité à apporter plus à l’entreprise.
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