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Emploi : bientôt 500 euros par mois en échange d’une formation pour 500 000 jeunes

, par Fabien Soyez

Le gouvernement va lancer, au 1er mars 2022, le « Contrat Engagement Jeune ». Une allocation allant jusqu’à 500 euros, pour les moins de 25 ans sans formation ni emploi depuis plusieurs mois, en échange d’une formation.

Mise en place en 2016, la Garantie jeunes visait à assurer aux 16-25 ans ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET), une allocation mensuelle de 497 euros, afin de les aider à s’insérer sur le marché du travail. Un dispositif leur permettant aussi de bénéficier de l’accompagnement d’une mission locale ; avec des formations et des stages. Mais insuffisamment connu des jeunes, il ne concernait début 2021 que 100 000 bénéficiaires.

Le gouvernement a donc revu sa copie. Il a renommé le dispositif “Contrat Engagement Jeune”, et a transféré sa gestion des seules missions locales aux agences Pôle emploi, aux collectivités et aux associations.

Il s’agit là encore d’une allocation allant jusqu’à 500 euros par mois destinée aux moins de 25 ans sans formation ni emploi depuis plusieurs mois. Ils doivent, là encore, “en échange”, suivre 15 à 20 heures par semaine de formation ou d’accompagnement.

 

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Une Garantie jeunes rebaptisée

Difficile de percevoir la différence entre la Garantie jeunes et le “Contrat Engagement Jeune”. Des détails quant à ce qui change seront dévoilés durant les prochains mois. Mais cette allocation sera surtout élargie. Elle sera versée « sous condition de revenus, d’assiduité et d’acceptation des offres d’activité faites », selon Emmanuel Macron, qui a annoncé le déploiement de ce nouveau dispositif, ce mardi 2 novembre. Et elle concernera non plus 100 000 jeunes de 16 à 25 ans par an, mais 500 000.

Contrairement à ce qui était envisagé durant l’été 2021, ne seront pas inclus la totalité des jeunes sans emploi ni formation, en raison des conditions de revenus qui encadreront le versement de cette allocation rebaptisée. Il ne s’agira donc pas d’une “garantie jeunes universelle”, comme le réclamait fin 2020 la ministre du Travail, Elisabeth Borne.

En février dernier, David Cayla, économiste à l’Université d’Angers, nous indiquait que la Garantie jeunes avait comme principale limite, “le fait qu’elle ne concerne que les jeunes en situation d’exclusion”, les plus vulnérables. “On ne peut pas compter uniquement sur ce dispositif pour aider tous les jeunes. Car même avec un diplôme ou une formation, beaucoup sont tout autant en difficulté”, expliquait-il. “Et toucher demain 200 000 jeunes précaires reste largement insuffisant par rapport au potentiel de ce dispositif, et au nombre total des jeunes réellement concernés”, ajoutait-il. Ainsi, selon la Dares, 963 000 jeunes étaient sans études, ni emploi, ni formation en 2019.

Le gouvernement prévoit pour le “Contrat engagement jeune” une enveloppe de 2,55 milliards en 2022, dont 550 millions de rallonge par amendement au projet de loi de finances 2022.

 

 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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