Comment changer de travail avant la fin de l'année ?
Emploi

Changer de travail avant la fin de l’année : pourquoi septembre est « un moment clé » pour lancer ses recherches ?

Plus d’un salarié sur deux se disait prêt à changer de travail au début de l'année 2026, mais beaucoup hésitent encore à se lancer, parfois par passivité. La rentrée peut pourtant être un bon moment pour commencer ses recherches. Surtout lorsqu’on est déjà en poste.

Ceux qui espèrent changer de travail à la rentrée vont devoir composer avec un marché de l’emploi en demi-teinte. Le chômage a atteint 8,3 % au deuxième trimestre 2026 selon les derniers chiffres de l’Insee et, du côté des cadres, seules 7 % des entreprises prévoient d’en recruter au moins un au troisième trimestre, selon l’Apec. Pour autant, les recrutements ne sont pas à l’arrêt. Près de 29 % des recruteurs interrogés par le cabinet de recrutement Robert Half comptent augmenter leurs effectifs en CDI au second semestre, une proportion qui atteint 32% chez les entreprises de la tech et de l’IT.

Dans ce contexte assez nuancé, comment s’y prendre pour espérer décrocher un nouveau poste d’ici la fin de l’année ? Pour Michaël Moyal, fondateur de Moyal Careers et coach carrière, septembre est un bon moment pour se mettre en mouvement. À condition d’avoir une stratégie.

Repérer les entreprises qui recrutent

Avant de commencer à postuler, encore faut-il identifier les entreprises susceptibles de recruter. « On est dans le dernier trimestre avant les résultats de fin d’année puisque les entreprises fonctionnent sur l’année calendaire. Septembre est un moment clé de la santé d’une entreprise », rappelle Michaël Moyal. Dans les grands groupes comme dans les start-ups, les derniers mois de l’année comptent pour atteindre les objectifs fixés et préparer la suite.

Les entreprises actionnent leurs derniers leviers pour rééquilibrer la masse salariale. « Celles qui recrutent montrent qu’il y a une vraie dynamique, que les résultats sont déjà bons et qu’elles veulent déjà se préparer pour l’année d’après », explique-t-il. À l’inverse, les entreprises « dont les résultats ne sont pas bons,» peuvent chercher à réduire leur masse salariale à l’approche de la fin de l’année « pour donner des chiffres corrects en fin d’année à leur fonds d’investissement ou à leur banque ».

Avant de postuler, il recommande de regarder les actions du groupe ou de la société et de consulter régulièrement la presse économique pour suivre l’actualité des derniers mois. Une levée de fonds, de nombreux recrutements ou, au contraire, des suppressions de postes sont autant de « signaux faibles » qui permettent de se faire une idée de la situation générale d’une entreprise.

Éviter les candidatures « bouteilles à la mer »

Une fois les entreprises identifiées, pas question pour autant de répondre à toutes les annonces disponibles « en envoyant son CV comme une bouteille à la mer ». Cette façon de chercher un emploi n’est, selon Michaël Moyal, pas la plus efficace, puisqu’en plus d’être chronophage, « elle ne mène pas forcément vers l’entreprise qui nous correspond le mieux ».  

Il conseille plutôt de « préparer le terrain » en ciblant quelques entreprises dans lesquelles on « se verrait vraiment travailler ». Leur secteur et leur taille peuvent entrer en ligne de compte, mais aussi leurs produits, leurs services ou encore les avantages proposés aux salariés.  

Regarder le parcours des anciens salariés avant de postuler

Pour optimiser ses chances, l’expert du recrutement suggère aussi d’analyser les profils de ceux qui sont déjà passés par l’entreprise ou le poste visé. « Quand on regarde les anciens de telle entreprise sur tel poste, on peut essayer de deviner, en regardant les CV, dans quelles autres entreprises ils sont allés », explique-t-il.

En quelques clics sur LinkedIn, on peut ainsi regarder ce que sont devenus d’anciens salariés et se faire une idée des portes que cette expérience pourrait ouvrir par la suite. Un candidat qui vise un poste en marketing produit chez L’Oréal peut, par exemple, observer où sont partis ceux qui ont occupé des fonctions similaires. Une façon de se projeter au-delà du prochain poste.

Cette approche fonctionne tout aussi bien dans l’autre sens. En regardant le parcours des salariés actuellement en poste, on peut voir quels types de profils l’entreprise a l’habitude de recruter, leurs expériences précédentes et les secteurs dont ils viennent. Cela permet donc de vérifier si son propre parcours s’en rapproche.« C’est avoir une projection sur sa propre carrière, pas juste au coup d’après, mais même aux deux coups suivants », résume Michaël Moyal.

Activer son réseau tant qu’on est encore en poste

Être déjà en poste est loin d’être un frein lorsqu’on cherche un nouvel emploi. Pour Michaël Moyal, c’est même une position plutôt favorable. « On est dans la meilleure position qui soit parce qu’on n’a pas de pression », estime-t-il. À l’inverse, pour les personnes sans emploi confrontées aux refus ou aux candidatures laissées sans réponse, « chaque semaine qui passe peut être un poids ».

Ces dernières peuvent par conséquent avoir tendance à davantage relancer ou à se montrer plus insistantes : « Quand on est en recherche, on a un besoin et donc on sollicite, on est demandeur auprès de notre interlocuteur. »

Lorsqu’on est déjà en poste, reprendre contact avec un ancien collègue ou une connaissance professionnelle peut avoir plusieurs motifs. « Il y a différentes raisons qui peuvent amener à avoir un échange, puis en plus on peut faire du business ensemble, alors que lorsqu’on est demandeur d’emploi, il n’y a pas d’illusion : si on réseaute, on sait pourquoi », souligne-t-il.

Comprendre ce qui bloque dans sa recherche

Même en commençant ses recherches dès la rentrée de septembre, décrocher un nouveau poste avant décembre n’a évidemment rien de certain. Pour autant, un à deux mois de recherche sans résultat ne doivent pas forcément inquiéter.

En revanche, après trois à quatre mois sans aboutissement, l’expert conseille de chercher à identifier ce qui bloque, en regardant notamment si l’on parvient à décrocher des entretiens et, si c’est le cas, à quelle étape du processus la candidature échoue.

« Si on n’arrive même pas à avoir de visibilité sur quelle étape ça bloque, alors là, on a un vrai problème », prévient-il. Identifier ce point permet de savoir ce qu’il faut retravailler plutôt que de changer l’ensemble de sa méthode.

Ne pas attendre d’être pressé pour changer de travail

D’après une enquête nationale menée en janvier 2026 par le cabinet How Much, spécialiste de la stratégie de rémunération et de la transparence salariale, près de 55% des salariés se disaient prêts à changer de travail au cours de l’année, mais seulement 13% comptaient chercher activement.

Comme le montrent ces chiffres, de nombreuses personnes qui souhaitent changer de poste pour diverses raisons se « montrent passives » parce que la situation est globalement supportable. Il s’agit d’une erreur, voire d’un piège, selon l’expert en recrutement. « C’est une erreur parce que c’est vraiment le moment l’on est le plus fort et le plus « bankable » sur le marché », assure-t-il.

Il conseille donc de profiter de cette période pour réactiver son réseau et envoyer « quelques candidatures très ciblées » puisqu’il s’agit d’un moment où on est justement dans une position assez confortable et sans urgence. La transition ne se fera pas forcément avant décembre. Certaines démarches pourront porter leurs fruits début ou courant 2027. Mais l’objectif est justement de commencer à « activer les choses dès maintenant ».

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