Emploi

Chercher un emploi quand la confiance en soi vacille

Cet article est issu du dossier "Tribunes d'experts"

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On ne cherche pas un emploi dans le même état d'esprit selon les moments de sa vie professionnelle. La confiance en soi, elle aussi, fluctue. Elle change profondément la manière d'aborder sa recherche.

On peut distinguer deux grandes situations en matière de recherche d’emploi :

  • On est en poste et l’on souhaite évoluer. Dans ce cas, la confiance est généralement présente. On explore, on compare, on se projette. Et si le changement n’aboutit pas, les conséquences restent limitées : on conserve sa situation actuelle.
  • On est en dehors de l’emploi, parfois malgré soi. La recherche devient alors une nécessité. L’urgence peut mobiliser, mais elle fragilise aussi. Une expérience professionnelle difficile, une rupture brutale ou un échec mal digéré peuvent entamer la confiance. Dès lors, une question centrale se pose : à quel moment se relancer vraiment ?

Dans tous les cas, il faut garder en tête une réalité simple : on a plus de chances de convaincre en suscitant l’envie qu’en inspirant la pitié. Et pour cela, un bon réflexe consiste à se poser cette question sans détour : à la place du recruteur, est-ce que je m’embaucherais aujourd’hui ?

1. « Je cherche mais je doute »

Quand le doute est présent, il est inutile de le nier. Il est préférable de prendre un temps de pause constructive pour reprendre appui.

Cela peut passer par un bilan de compétences, un retour structuré sur son parcours, ou des échanges avec des pairs (type feedback 360°). L’objectif est de se reconnecter à ses points d’appui : ce que l’on sait faire, ce que l’on a déjà réussi, ce que les autres reconnaissent.

Il est aussi essentiel de vérifier son état global : fatigue, charge émotionnelle, cohérence du projet. Parfois, mieux vaut différer légèrement la recherche active pour revenir plus solide.

Mais attention à l’inverse : se donner un cadre temporel reste important. Sans échéance, le doute peut devenir un refuge.

2. « Je cherche en espérant ne pas être pris »

Ce cas est plus fréquent qu’on ne le croit. On relance une démarche « par sécurité » ou « par nécessité », sans véritable envie, ni élan.

Le risque est réel : celui de l’auto-sabotage. Un manque d’implication subtil se ressent souvent en entretien. Le discours peut être juste, mais l’énergie ne suit pas.

3. « Je cherche et les échanges me rassurent »

Dans cette configuration, la recherche devient progressivement plus vivable. Le contact avec les autres joue un rôle essentiel.

Plutôt que de viser immédiatement des offres, il peut être plus efficace de privilégier les entretiens réseau, les discussions, les enquêtes métiers. Il est souvent plus simple de demander conseil que de « se vendre ».

Cette démarche permet de baisser la pression, d’activer la curiosité, et parfois de faire émerger des opportunités inattendues. Il est utile de se constituer une liste de personnes à rencontrer, et d’entrer dans une logique d’exploration.

4. « Je cherche mais je ne prendrais pas le poste »

Parfois, on candidate « pour voir », sans intention réelle d’aller au bout. Cela peut donner un sentiment de reprise d’activité, mais reste rarement efficace.

Sans engagement minimal, il est difficile de convaincre en entretien. L’incohérence finit souvent par transparaître. N’est-ce pas gâcher une opportunité ? Il est important de clarifier l’intention. Que voulez-vous vraiment ?

5. « Je cherche mais je ne transforme jamais les entretiens »

Être invité en entretien est déjà une étape importante. Mais si cela ne débouche pas, il est utile de revoir la préparation.

L’entretien est un exercice spécifique, qui se travaille. Il peut être utile de s’entraîner, de simuler, de structurer ses messages, et d’identifier ses points faibles.

Un accompagnement extérieur (coach, pair, regard professionnel) peut souvent faire la différence.

6. « Je passe les entretiens mais je suis toujours deuxième »

Situation frustrante, mais pas rare. Elle peut aussi être un signal encourageant : vous êtes proche.

Dans ce cas, demander des retours est essentiel. Même s’ils sont parfois laconiques, ils permettent d’ajuster sa posture, son discours ou son positionnement. Et parfois, ils ouvrent d’autres pistes auxquelles on n’avait pas pensé.

La persévérance finit souvent par payer — à condition de rester dans une dynamique d’apprentissage.

Une question d’état d’esprit

Chercher un emploi quand la confiance vacille n’est pas seulement une question de techniques ou de CV. C’est aussi une question d’énergie, de timing et de regard sur soi.

La bonne question n’est pas seulement « ai-je le bon profil ? », mais aussi : dans quel état d’esprit est-ce que j’entre dans cette recherche ?

Courage !

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