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Ces professionnels qui partagent les coulisses de leur métier sur les réseaux sociaux

À l’ère des réseaux sociaux, les façons de s’informer sur le monde du travail évoluent à la vitesse grand V. Et les "influenceurs métier" gagnent en popularité, en partageant leur quotidien et les réalités de leur profession. Une opportunité pour les candidats et les curieux de découvrir sans filtre une possible vocation ou idée de reconversion.

Ils sont carreleurs, bouchers, enseignants, vendeurs en grande distribution, plombiers, ou même médecins ou avocats… De plus en plus de professionnels partagent leur quotidien en ligne et cartonnent sur les réseaux sociaux. Vulgarisation des pratiques professionnelles, explications concrètes des missions, témoignages d’expériences ou encore simples démonstrations en live, tout y passe. Les « pro-fluenceurs » proposent de découvrir leur métier en un clic et en une visite de leur compte. À l’instar de la boucherie Castaing (@chezcastaing sur Instagram, @castaingpereetfils sur TikTok) où le fils met en avant et en valeur le quotidien de son père artisan boucher.

Et pour cause, les réseaux sociaux sont aujourd’hui bien plus que de simples plateformes de partage entre amis et de divertissement grand public. Ils sont devenus de véritables sources d’inspiration et d’information, notamment en matière d’évolution de carrière. Selon une étude menée par Dewalt et WorldSkills, 44 % des jeunes professionnels (16–25 ans) déclarent que les médias sociaux les ont influencés dans leur choix de carrière et plus de la moitié qu’ils ont été inspirés par un influenceur ou une marque en particulier.

Partager sans détour

Parler de son travail sans concession et témoigner sur les réalités de son métier, c’est ce que fait depuis 2021 @Mouhamadou_le_prof, avec sa page Instagram suivie par 240 000 personnes. Une démarche complétée en août 2024, avec la publication de son livre Mouhamadou, le Prof : 50 histoires vécues (Hachette). Celui qui a décidé de devenir instituteur remplaçant il y a quatre ans pour connaître différents environnements et contextes scolaires explique sa démarche : « Durant la période Covid, j’ai pu observer concrètement les inégalités qui impactent les apprentissages, et notamment vis-à-vis du numérique ou du contexte social. On était dans un moment très particulier, tous confinés, et on avait cet outil du numérique et des réseaux sociaux. Je me suis donc dit : pourquoi ne pas s’en emparer pour essayer de faire quelque chose de constructif et d’ouvrir un peu plus les portes de l’école et de nos pratiques. À l’heure d’une certaine défiance parfois contre l’institution scolaire, il m’a semblé important de participer à lever le voile sur l’école ainsi que sur le métier d’enseignant. Ma démarche est donc de partir du réel, de parler de ce que j’observe et de ce que c’est que d’être un enseignant aujourd’hui. »

Ainsi, sur Instagram comme dans son ouvrage, Mouhamadou se livre, parle de racisme et de diversité, plaide pour le vivre-ensemble et montre la réalité de son métier. « Que je m’adresse à des parents ou à de futurs professeurs, je veux rééquilibrer les informations et la balance entre le monde de l’école et le monde extérieur, sans filtre, ajoute l’instituteur. Certains sujets comme la diversité et l’inclusion sont trop peu abordés lors de la formation des enseignants. Et je ne suis pas dans la complaisance avec l’Éducation nationale parce que j’y travaille. Quand on me demande d’intervenir auprès de futurs collègues, je me rends compte de ce besoin d’être mieux informé et préparé sur les réalités du terrain.« 

Créer des vocations

Auparavant, on se contentait des fiches métiers sur des sites spécialisés, aujourd’hui, place à l’incarnation sur les réseaux sociaux donc. Et la démarche démontre ses impacts concrets sur les trajectoires de plus en plus d’actifs, notamment jeunes. Selon une récente étude de EduBirdie, 46 % des membres de la génération Z ont été influencés par TikTok pour leurs choix de carrière et de métier. Une vidéo, un « reel », un live TikTok, un simple post peut faire découvrir un métier insoupçonné et créer des vocations. « Les réseaux sociaux permettent de mettre en lumière des choses de manière très directe et spontanée, des détails qu’on n’a pas le temps d’aborder en formation ou sur lesquels on peut difficilement interroger des professionnels si on n’a pas le bon réseau, confirme Mouhamadou le prof. Visiter des comptes comme le mien peut donc aider les personnes en formation et peut-être aussi contribuer à créer de l’envie d’entrer dans tel ou tel métier ou de commencer à se documenter dessus.« 

Partager son quotidien au travail est aussi pour certains professionnels un moyen de combattre certains stéréotypes et autres visions réductrices. Notamment vis-à-vis des métiers dits masculins, avec la carreleuse Kelly Cruz qui compte 2,2 millions de followers sur Instagram (@kellycz67) et 3 millions sur TikTok (@kelly.cruz.67) ; et dont les posts atteignent parfois plusieurs dizaines de millions de vues ! Outre la simple découverte d’un métier par quelques vidéos et témoignages, visiter plusieurs comptes et pages consacrés à des professions et au monde du travail multiplie vos chances de tomber sur des informations ou des conseils utiles pour vos choix. Ou, qui sait, votre future reconversion. En effet, les algorithmes de chaque réseau social sont conçus de sorte qu’ils vous proposent toujours plus de contenus associés ou en lien avec vos habitudes de recherche. Il n’y a plus qu’à !

Retrouvez l’intégralité de cet article dans le n°288 de Rebondir. Disponible sur notre boutique en ligne.

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