Emploi

Pourquoi l’optimisme est une soft skill recherchée par les recruteurs

Avoir un esprit positif, ce n'est pas juste un petit supplément d'âme, mais une compétence à part entière, précieuse aussi bien pour décrocher un poste que pour évoluer, changer de voie ou traverser une période de doute.

Jérôme Hoarau, formateur et coach spécialiste des soft skills, est catégorique : « L’optimisme n’est pas réservé à quelques tempéraments naturellement enthousiastes : il se travaille, se cultive et se renforce avec le temps. » Ce n’est pas un trait de personnalité figé. Jérôme Hoarau évoque notamment les travaux de Carol Dweck sur le growth mindset, cet état d’esprit de développement qui repose sur l’idée que l’on peut progresser, apprendre et transformer sa manière d’aborder les choses.

Pour comprendre pourquoi l’optimisme est devenu une compétence si recherchée, il suffit d’observer les effets de son absence. Dans une équipe, un état d’esprit très négatif ne reste jamais cantonné à la seule personne qui l’exprime. Il agit sur l’ambiance, freine les dynamiques collectives et peut rapidement devenir contagieux.

« Si je veux compléter mon équipe et que j’ai en face de moi une personne qui râle tout le temps, qui ne voit que le négatif, cela ne donne pas envie. En tant que manager, je me dis : « Mince, si j’ai une personne comme ça dans mon équipe, comment cela va affecter le reste du groupe ? » » L’enjeu, pour l’entreprise, ne se limite donc pas à recruter quelqu’un de compétent techniquement. Il s’agit aussi d’intégrer une personne capable d’apporter de l’élan, de l’énergie et une posture constructive.

Un moteur pour saisir les opportunités

Dans un parcours professionnel, l’optimisme agit comme un véritable détecteur d’opportunités. Là où certains ne voient qu’un problème, une contrainte ou une fermeture de porte, d’autres perçoivent aussi une possibilité, une marge de manœuvre, un chemin alternatif. « Les opportunités, ce sont souvent des choses positives cachées dans des situations pas forcément positives », souligne Jérôme Hoarau.

Cette posture a aussi un impact direct sur la réputation professionnelle. « Si on parle d’une personne qui a une réputation de tout le temps râler, d’être toujours négative, cela va la desservir par rapport à une personne qui est enjouée, qui va de l’avant, qui est plus positive. » À compétences égales, une personne perçue comme constructive, ouverte et tournée vers l’avenir inspirera plus facilement confiance.

Une compétence très appréciée

L’optimisme fait partie de ces soft skills qui se voient autant qu’elles s’entendent. Le non-verbal en dit souvent long : le sourire, l’énergie, la posture, le regard, l’engagement dans l’échange. « La personne qui fait preuve d’optimisme va avoir un vocabulaire porté vers le futur, vers l’avant, vers les choses positives. »

Le meilleur moyen de montrer cette qualité consiste souvent à évoquer un échec, une difficulté ou une période compliquée en expliquant ce qu’elle a permis d’apprendre. « Montrer que malgré les difficultés ou malgré les échecs, on a pu rebondir, apprendre et grandir, c’est une preuve d’optimisme », insiste-t-il.

Attention à la naïveté

Parler d’optimisme au travail peut parfois susciter une confusion : faut-il toujours voir le bon côté des choses, au risque de minimiser les problèmes ? Pour Jérôme Hoarau, la réponse est clairement non. « L’optimisme professionnel n’a rien à voir avec le déni ou avec une forme d’enthousiasme hors sol. Il s’agit de réussir à voir le positif malgré le négatif. Mais cela ne veut pas dire qu’on ne le voit pas. » Le bon équilibre se situe donc dans une forme de réalisme actif : reconnaître ce qui pose problème, mais mettre davantage d’énergie sur ce que l’on peut faire, apprendre ou transformer.

Un atout précieux

Quand on traverse une période de chômage, une reconversion ou une recherche d’emploi qui s’éternise, rester optimiste peut sembler particulièrement difficile. « C’est quand on est challengé qu’on en a le plus besoin », rappelle Jérôme Hoarau.

Pour ne pas s’épuiser, il conseille de ne pas faire reposer tout son moral sur les seuls résultats de la recherche d’emploi. Les petites victoires du quotidien comptent aussi : avoir envoyé une candidature de qualité, avoir osé relancer, avoir reçu un retour encourageant. L’entourage joue également un rôle majeur : s’entourer de personnes soutenantes et stimulantes peut faire une différence décisive.

L’optimisme n’est ni une formule magique ni une injonction à rester souriant quoi qu’il arrive : il s’agit d’une manière de se positionner face au réel, en acceptant les difficultés sans leur abandonner tout le terrain. « Parce qu’il nourrit l’audace, la capacité d’adaptation, le passage à l’action et la qualité des relations, l’optimisme agit finalement comme un moteur, discret mais puissant, de l’employabilité. »

Et la bonne nouvelle, c’est qu’il se travaille. « Pas en se forçant à devenir quelqu’un d’autre, ni en niant ce qui ne va pas, mais en rééduquant peu à peu son regard, ses réflexes et sa manière de répondre aux obstacles », conclut l’expert en soft skills.


En pratique — 3 idées à tester

Le journal de gratitude : écrivez chaque soir trois choses positives qui vous sont arrivées, même modestes.

La règle du feedback positif : transformez chaque critique reçue ou chaque erreur commise en apprentissage. Un entretien raté, un désaccord ou une erreur deviennent alors non plus la preuve d’une incapacité, mais la matière d’un progrès.

L’arbitrage de la plainte : avant d’exprimer un mécontentement, demandez-vous si cela améliorera la situation.

Ajouter un commentaire

Votre adresse IP ne sera pas collectée Vous pouvez renseigner votre prénom ou votre pseudo si vous êtes un humain. (Votre commentaire sera soumis à une modération)