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Un actif sur deux se dit perdu dans sa vie professionnelle

L’incertitude et l’inconfort en cours de carrière sont des moteurs et des déclencheurs fréquents de la reconversion professionnelle et des volontés de rebond de carrière. Deux sentiments de plus en plus présents parmi les actifs, et de plus en plus déterminants et impactants, selon un baromètre réalisé par Chance, spécialiste de l’orientation professionnelle des adultes, avec YouGov.

Pour prendre le pouls des dynamiques des parcours professionnels des travailleurs, le baromètre « Amour Pro » de Chance et YouGov a interrogé leur rapport au travail et à leur situation, ainsi que les principales sources d’insatisfaction au cours d’une carrière. Le rapport mêle des réponses de bénéficiaires de formations de l’organisme à une enquête réalisée auprès d’un échantillon représentatif des Français. Il apparaît ainsi que 53 % des répondants interrogés par Chance se disent perdus dans leur vie professionnelle, pendant que seuls 2,3 % déclarent que « tout va bien ». Aussi, 79 % font état d’au moins une insatisfaction préoccupante vis-à-vis de leur carrière, et plus des trois quarts des actifs se sentent par conséquent en désalignement avec leur travail. Un doute professionnel face auquel les femmes sont souvent en première ligne. Parmi les freins à l’épanouissement dans le cadre de leur travail, les travailleurs citent notamment le manque d’opportunités professionnelles (47 %) et le manque de confiance en soi. Et une grande majorité souligne des insatisfactions à l’égard de leur manager (70 %) ou de leur rémunération. Sur ce point vis-à-vis de la hiérarchie, les 18-34 ans se montrent particulièrement critiques. Conséquence de ces états de fait : 30 % des personnes interrogées souhaitent changer de travail en 2026, et jusqu’à 46 % chez les 18-54 ans. De quoi confirmer la tendance de la démocratisation de la reconversion et du rebond en cours de carrière.

Le doute comme moteur de la reconversion

Ces retours d’expérience mettent en évidence les implications directes d’un monde du travail qui vacille aujourd’hui entre « désengagement massif, fatigue silencieuse et quête de sens fragmentée » note le baromètre. « Le débat sur le travail ne peut plus se limiter à des données démographiques ou statistiques : âge, chômage et emploi, CDI, CDD. Ce baromètre dit ce que l’INSEE et les DRH ne mesurent pas : l’Amour Pro, les peurs, l’alignement, le sentiment d’être à sa place. Tant qu’on ne parle pas de ses désirs, ses choix et ses possibilités de changer, de se réorienter, on passe à côté de ce qu’est vraiment le rapport des gens avec leur travail », affirme Ludovic de Gromard, cofondateur de Chance.

Si l’envie de changement est exprimée massivement, le passage à l’action et l’enclenchement d’une transition professionnelle restent difficiles et parfois empêchés. Manque d’opportunités accessibles, défaut de sentiment de légitimité ou de confiance suffisamment stable, manque de réseau… Les mêmes poids reviennent souvent. Pour les combattre et les dépasser, adopter des attitudes et une posture positives et proactives peut être une clé. De même que l’attention particulière aux erreurs à ne pas commettre pour réussir sa reconversion. Ou encore les bons réflexes pour passer de l’envie à l’action.

Les femmes plus en proie au doute

Comme c’est aussi le cas s’agissant d’autres indicateurs de suivi des carrières, il apparaît que les femmes subissent davantage les freins au changement et le poids du doute professionnel. 77 % des répondants du baromètre issus de Chance sont ainsi des femmes, majoritairement entre 31 et 50 ans et avec plus de dix ans d’expérience. Aussi, 38 % des femmes déclarent subir une surcharge de travail, contre 28 % des hommes, et donc un déséquilibre plus marqué de l’équilibre vie pro / vie perso. Les résultats soulignent également que le questionnement professionnel et l’incertitude s’immiscent de plus en plus tôt dans les parcours, dès l’entrée dans la vie active. Les trentenaires restent la tranche la plus représentée (37 % des répondants ont entre 31 et 40 ans, 34 % entre 41 et 50 ans), mais le signal est clair : on ne se contente plus de “voir ce que ça donne” pendant dix ans avant de se poser des questions. Ainsi, la grande majorité des répondants (85 %) sont en poste, mais un sur deux se sent perdu. Cette remise en question généralisée de la vie professionnelle tient aussi à l’épuisement professionnel (34 %) ou à la situation conflictuelle avec un manager ou un collègue (16 %). Une pente glissante qui peut, dans certains cas, mener jusqu’au burn-out.

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